«The Voices», encore un film qui véhicule une image trompeuse de la schizophrénie

The Alphabet Killer, Butcher Boy, Fous d’Irène, Psychosomatic ou plus récemment The Voices sont autant de films qui donnent au public une vision négative et «inexacte» de la schizophrénie, explique David Crepaz-Keay dans un article du Guardian.

Lui-même ayant été diagnostiqué schizophrène il y a 35 ans, il se questionne:

«Pourquoi la schizophrénie est-elle représentée négativement à l’écran?»

«Une récente étude sur plus de 40 films sortis entre 1990 et 2010 montrait que plus de 80% des personnages principaux diagnostiqués schizophrènes faisaient preuve d’un comportement violent et presque un tiers étaient dépeints comme des meurtriers», mentionne David Crepaz-Keay.

 Mais, «près de 220.000 citoyens du Royaume-Uni vivent avec cette maladie. Si un tiers d’entre nous étions réellement des tueurs, le nombre de nos victimes aurait de quoi rendre fier Quentin Tarantino», souligne-t-il.

David Crepaz-Keay travaille pour la Mental Health Foundation et raconte avoir eu l’opportunité de rencontrer de nombreuses personnes affectées par une maladie mentale, dont la schizophrénie. Des individus qui, malgré leur diagnostic, ont «réalisé de grandes choses».

«Les personnes atteintes de maladies mentales sont plus susceptibles d’être les victimes de crimes que leurs auteurs», soulignait d’ailleurs le 20 mars Sue Baker, directrice de l’association caritative Time to Change. «La grande majorité des personnes qui entendent des voix ne représentent aucune menace», ajoute-t-elle.

Sue Baker dénonce donc le film The Voices, dont l’histoire est celle d’un meurtrier recevant l’ordre de tuer ses victimes par les voix dans sa tête.

«The Voices est un film irresponsable qui nourrira des stéréotypes préjudiciables sur les personnes atteintes de maladie mentale, particulièrement les personnes qui entendent des voix –une chose rarement comprise.»

Ce film a «le potentiel de détruire certains progrès faits ces dernières années en changeant l’attitude du public», estime-t-elle.

http://www.slate.fr/story/99595/films-image-trompeuse-schizophrenie#xtor=RSS-2 (avec la bande-annonce)

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4 commentaires »

  1. Oh le navet !

    Je crois que pour que des films parlent bien de la schizophrénie, il devrait y en avoir réalisés par des schizophrènes. Sauf que lorsqu’on a cette maladie, comme moi par exemple, on a l’impression d’avoir vécu dix ans avec une poubelle à l’intérieur du corps, donc ce n’est pas évident de monter un film. Vous en connaissez ?

    L’image demande du soin, de cadrer tous ces trucs qu’on va canaliser mieux dans un quasi immédiat comme le langage et l’écrit : reconstruire la schizophrénie. Les deux sont possibles, je pense.

    Devant ce film une fois de plus il semble qu’on s’éclate. C’est gradué. On rit toujours des plus cons que soi. Mais pas du plus schizo que soi. On n’est juste pas schizo, du tout.

  2. Lana Said:

    Il y a la série « Perception » qui parle de la schizophrénie de manière intelligente. Et sinon, en film, il y a « Un homme d’exception ».

  3. Suze Araignée Said:

    Je ne suis pas schizophrène (bien que je partage plusieurs symptômes), mais j’ai moi aussi bondi en voyant ce film (que je n’ai même pas regardé jusqu’au bout, j’ai arrêté dès le premier meurtre).
    J’avais adoré Marjane Satrapi dans Persepolis, mais là, elle me déçoit. J’ajouterai qu’en plus de faire passer son personnage schizophrène pour un meurtrier (comme dans la majorité des œuvres de fiction), elle le fait, en plus, passer pour un imbécile… Une figure de type un peu benêt et attardé.

    Pour un film traitant de la schizophrénie de façon juste et bien documentée, il y a un film malheureusement très peu connu : Clean, Shaven, de Lodge Kerrigan. Le réalisateur n’est pas lui-même schizophrène, mais il s’est appuyé, pour son film, d’abord sur le témoignage d’un ami proche qui lui a la maladie, et aussi sur des recherches auprès d’autres malades et de psychiatres.
    Attention quand même : le film donne à vivre plutôt qu’à voir ce que vit le personnage principal, y compris l’angoisse. Personnellement la première vision m’a faite basculer dans la déréa (à laquelle je suis sujette) pendant quelques heures.
    Le film est aussi une critique de cette vision du schizophrène meurtrier ; le personnage du film est accusé d’un meurtre, mais à aucun moment on n’a la preuve qu’il l’ait commis, et comme dit Lodge Kerrigan, « on n’accuse pas sans preuves », ni sur la base de préjugés.

  4. Lana Said:

    Merci pour l’info, je ne connaissais pas ce film.


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