La fragilité dans la crise psychotique

Suite à mon dernier billet sur l’HP, quelqu’un m’a dit « on n’est pas en sucre ».

Je ne me considère pas comme quelqu’un de fragile, la plupart du temps. On m’a dit que j’étais forte, courageuse, que j’avais une force de caractère incroyable, et parfois je me trouve un peu insensible face aux épreuves de la vie ou au monde qui m’entoure, j’ai l’impression de me blinder trop. Je dis ça pour montrer le contraste avec mon état en crise psychotique.

Là, oui, j’étais en sucre. Et j’aurais aimé que le soignants le prennent en compte.

Je ne supportais plus qu’on me regarde ou me touche, car je disparaissais sous le regard ou le contact. Me déshabiller devant quatre personnes à l’hôpital était donc extrêmement difficile.

Je surinterprétais tout, je pensais que tout le monde m’en voulait ou me détestait. Je ne pouvais plus compter sur l’aide des autres.

J’avais des hallucinations, et je ne pouvais donc pas compter non plus sur mes sens pour me repérer dans le monde.

Mon corps était morcelé, lui aussi me trahissait.

J’étais suicidaire, ma vie était donc en danger.

Quand je marchais dans la rue, le monde tournait trop vite et le sol se dérobait sous mes pieds, les immeubles s’effondraient autour de moi. Le monde n’était plus stable.

Je n’avais plus de peau, j’étais transparente, mes vêtements étaient ma dernière armure et j’aurais aimé qu’on ne me les enlève pas.

Je n’avais plus de socle sur lequel me reposer: ni le monde, ni les autres, ni moi-même.

Oui, j’étais fragile.

Oui, j’étais en sucre, en sucre impalpable même. Et c’est pour ça que j’avais besoin de soins et que la dureté de l’hôpital m’a fait plus souffrir qu’il ne m’a fait du bien.

14 commentaires »

  1. Et puis même sans crise psychotique certaines personnes sont psychologiquement (ou physiquement) « en sucre » et ça devrait pas être nié ou un tabou ou honteux. C’est vraiment une phrase de merde le « on est pas en sucre »

  2. Lana Said:

    Je suis bien d’accord.

  3. Esther Said:

    On a le droit d’être fragile bon sang ! Je dirais même qu’être fragile, l’assumer et le rester quoiqu’il arrive c’est une grande force dans ce monde qui incite à être toujours plus dur, fort. Et puis c’est quoi être fragile ? Être dans la compassion, la compréhension ? Aimer la douceur, la bienveillance ? Être humain ? Perso j’ai fait la forte pendant 25 ans et cela m’a apporté que de la souffrance. Je vais beaucoup mieux depuis que j’accepte ma fragilité.

    PS: on peut très biens être marqué à vie par quelque chose, en parler souvent et continuer d’avancer, je crois que la plupart d’entre nous en sommes la preuve.

  4. MalcomMitch Said:

    On ne vit pas dans un monde binaire : les méchants et les gentils, si on n’est pas capitaliste on est communiste, si on n’est pas en sucre, alors on n’a aucuns sentiments, on est inhumain et insensible.
    Cette phrase signifie pour moi : la vie continue. Quand on connaît un événement dramatique : perte d’un proche, que l’on est schizo, accidents divers, problèmes de santé… il faut passer par l’acceptation pour rebondir, et possiblement trouver des solutions.
    Aussi une phrase sortie de son contexte peut prêter à confusion.

    Quand on est à l’HP, on peux délirer, avoir des hallucinations, le traitement peut changer en permanence, on n’est pas stable et on est vachement vulnérable. Mais qu’en serai-t-il sans l’hosto, ne serions-nous pas plus vulnérable dans la rue ou un espace publique où certains pourraient profiter de notre état de faiblesse ?
    Dans certains pays, ils n’ont pas tous ces services, qui sont il faut le rappeler quasi gratuits (hormis la bouffe). Il ne faudrait pas non plus cracher dans la soupe. Un séjour de plusieurs mois ne nous coûtent que dalle en France à côté d’autres pays équivalents.

    Sinon quand vous croisez quelqu’un dans la rue qui est dans le besoin, vous lui donnez systématiquement quelque chose ? Il y en a peut-être certains que vous avez croisés qui n’ont pas passé la nuit (insécurité de la rue, le froid…).
    D’accord ce n’est pas votre boulot, mais cela veut dire qu’il faudrait que vous soyez payés pour le faire ?! Êtes-vous dur(e)s ou fragiles alors ? Irréprochables ? Ou vous vous dédouanez de responsabilités qui pour moi sont de l’ordre du civisme, en disant « ben ma fonction n’est pas de recycler », « pourquoi prendre les transports en commun quand on peut prendre sa voiture perso dans son petit confort » alors que des personnes vont directement en mourir de cette pollution ou de l’impact de ce genre de comportements… et on peut arriver sur, « à quoi bon être poli face à ces patients qui sont pour certains invivables, ou simplement difficiles, on n’est pas payés en fonction de leur satisfaction ». Ce serait le comble de l’hypocrisie.

    Alors à ce moment là il faut faire en sorte que les hôpitaux deviennent plus orientés humains, avec plus de moyens. On ne peut pas en vouloir à l’aide soignant moyen. Vous pensez faire plus de choses gratuitement que certaines personnes qui font de l’associatif en plus de leur travail ?
    il y a des choses à améliorer dans les hôpitaux, mais encore une fois, c’est aussi une question de moyen. Il faut que tout soit fait tout de suite, et mieux que ça ne coûte pas trop il faut que ce soit rentable ! Pour ces problèmes et cette façon de penser cf notre Société individualiste.
    Ces personnes dans les hôpitaux sont comme tout le monde, et personne n’est parfait. Le côté méprisant de certains soignants (outre les exceptions près) est aussi un exutoire, un moyen d’évacuer leur frustration du fait de ces conditions de travail qui se sont dégradées.

  5. Hlhl Said:

    Punaise, dans le monde de lequel on vit, il en faudrait des exutoires !! Dans tous les métiers !!

    Mais reprenons l’exemple du prof : métier proche de l’humain, mais qui a vu ses moyens fondre au fil des ans (privé comme public, il ne faut pas se leurrer), et donc ses conditions de travail se dégrader.
    Et pour bien appuyer l’exemple, prenons des petits éléèves de maternelle de 3 ans, dont l’autonomie est limitée.
    Je ne sais combien par classe, avec un(e) instit seul(e) face au surnombre, faute de l’AVS tant attendue pour l’enfant (que dis-je, parfois les enfants !!) à besoin particulier ou handicapé sur le dos duquel on fait des restrictions de budget. Avec des petits dont l’empathie n’est pas forcément des plus développée à cet âge pour évaluer que, par moment, il faudrait lâcher l’instit qui doit jouer le rôle de l’AVS.
    Quelle frustration pour l’instit ! Pas grave, elle n’a qu’à les ignorer ces mioches, être désagréable au possible, ils n’ont qu’à pleurer, la vie à l’extérieur ne leur fera de cadeaux après tout. Et puis zut, l’école est gratuite et la cantine pas si chère, faut pas déconner, les gamins pourraient apprécier leur sort.

    Alors, qu’en pensez-vous ? Que j’exagère, que je force le trait ? A peine pourtant (et pourtant, là dernière phrase Malcolm m’a fait bondir).
    Quand c’est un prof, le commun des mortels ne se gêne pas pour dire qu’il n’a qu’à changer de métier s’il doit devenir aigri, que personne ne l’a forcé. Je n’approuve pas ce genre d’opinion, car pour le coup dans ce cas, Malcom a raison, c’est trop facile de juger un coup de gueule d’un enseignant. Car oui, un enseignant aussi peut craquer de temps en temps et être désagréable vu le monde dans lequel on vit.

    Sauf que là on parle d’un travers des infirmiers trop souvent constaté.
    On parle de malades mentaux me direz-vous. Mais de ce que j’en ai vu (et vécu), quand on est en HP, mal, très mal, on est vulnérable comme un enfant, vraiment. Mais là, ça ne choque personne que des infirmiers soient méprisants.
    Et c’est bien qui coince votre raisonnement Malcom : ce n’est pas parce que la vie est plus dure dehors qu’on a à être traité avec mépris en HP.
    Un prof arrive à écouter tout en gardant une distance, et pourtant il n’a pas été formé à affronter les situations dramatiques de certains, le handicap, la misère sociale, voir les débuts de schizophrénie de certains ados. Et s’il était méprisant, il serait instantanément jugé par les parents (les usagers ?)

    Les écoles maternelles ont me semble-t-il été créées pour que les petits ne trainent plus dans les rues, les HP évitent que les fous ne vagabondent. Les premiers sont traités comme de petits humains (heureusement !!), les seconds regardés de haut.

    Souvenons-nous qu’avant, les malades d’Alzheimer étaient en HP, méprisés comme nous autres graves névrosés, dépressifs, psychotiques, parce qu’ils y mettaient de la mauvaise volonté quand même. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que non, ils n’y étaient pour rien, que leur cerveau était fichu.
    Mais nous, il n’y a rien de clairement organique, on n’est même pas vieux.

    Fin du coup de gueule.

    Voilà, merci Nathalie d’avoir tendu la perche pour la comparaison avec le métier d’enseignant.

    ps : ce soir, je crois que je ne suis pas en sucre.

  6. MalcomMitch Said:

    Vous surinterprétez certains de mes propos. Simplement ce problème de méprise de personnel soignant dans les HP n’est pas totalement et même vraiment imputable à ces personnes. Vous pensez que la grande majorité de ces personnes sont mauvaises, que c’est une coïncidence ou qu’elles ont été choisies pour cela ? Question de logique, la probabilité pour que ce comportement délétère leur soit directement imputable à chacun d’entre eux, serait ridiculement petite.

    Bref c’est plus compliqué que cela, il faudrait faire évoluer votre niveau de conscience pour voir au delà, ou déjà vous éloigner et prendre du recul par rapport à ce que vous avez pu subir dans cet/ces établissements, être plus objectif quoi. Et là c’est un problème de nature humaine et de Société,… on peut certainement trouver d’autres choses en creusant un peu.

    Les Hommes ont du mal à accepter les différences, faute de pouvoir s’identifier à l’autre, de le comprendre, aussi l’incompréhension est source de peurs…
    Donc encore plus que la couleur de peau, différences de culture, de religion, les handicaps physiques, les handicaps mentaux sont encore moins acceptés car réellement incompréhensible pour une personne valide (déjà entre 2 psychotiques, s’il y a des symptômes communs, on reste unique et on en vit pas la même chose). Les gens normaux ne peuvent se projeter à notre place, nous comprendre et donc nous accepter (facilement, ça demande un certain effort, certaines capacités, aussi ce n’est pas naturel).
    Il en va de même pour les soignants.

    Aussi j’ai essayé de l’expliquer, que c’est également un problème de Société, dont on fait partie, donc on ne peut leur jeter la pierre car on fait partie de la même « équipe ». Et on peut donc se retrouver à agir de la même façon, dans d’autres milieux.

    Et oui de plus en plus ce sont les enfants qui « font la loi » dans les écoles, et non plus les profs, et si ça peut faire plaisir aux parents et aux enfants, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose que ce soit aux profs de se tenir à carreau. Les enfants ne vont plus à l’école pour apprendre, mais en premier lieu pour être éduqués (le Ministère de l’Éducation Nationale s’appelait il y a longtemps Ministère de l’Instruction Publique, c’est parlant non ?). Rôle d’éducation que les parents délaisse de plus en plus et ce bien souvent malgré eux, aussi un fait de Société mais je ne développerais pas.

    Alors s’il n’y a pas d’hypocrisie dans ces propos (savez-vous ce que c’est que de bosser des années dans un HP ? Moi non, donc je juge au moins possible), c’est peut-être un manque de recul, d’objectivité dû à des souffrances endurées (je le comprends et en suis désolé) un problème de niveau de conscience, ou alors vous êtes proches de la perfection si vous pensez faire bien mieux que tout le monde, et là bravo.

    A quoi bon garder de la rancœur à propos de ces soignants, de l’HP ? Ou même simplement les critiquer en tant que personne, alors qu’elles ne sont pas à la source du problème.

    Si vous souhaitez que cela change, il ne faut pas fustiger ces personnes, mais changer la Société, la repenser, changer de paradigme. Perso c’est ce que je me tue à faire, en essayant de changer les mentalités, notre mode de vie… autour de moi, à mon petit niveau, faute de pouvoir faire mieux pour le moment.
    Ca me paraît plus constructif.

    « je ne suis pas en sucre », vous savez je trouve que les personnes qui vous disent les choses essaient de vous faire progresser, même si c’est de manière un peu brusque même si ça ne fait pas plaisir à entendre, vous aident bien plus que celles qui vous caressent dans le sens du poil ou ne vous disent rien. Je préfère que l’on me dise même devant autrui que j’ai la braguette ouverte, ou du dentifrice sur le bord des lèvres, que l’on ne me disent rien (que pensez de ces personnes ?), et que je m’en rende compte le soir (un jour) en rentrant chez moi, et où ça m’aura suivi toute la journée (ou une grande partie de ma vie).

    Comme le dit un proverbe Indien : « Apprends à un homme et tu enseignes à une (seule) personne. Apprends à une femme et tu enseignes à toute la famille ».

  7. MalcomMitch Said:

    Je me transforme en caramel ce soir

  8. Hlhl Said:

    Effectivement, j’ai forcé le trait.
    Et comme je l’ai dit dans un commentaire sur un autre article, le fait qu’ils m’aient fait tomber bas m’a quelque part permis de rebondir. Sur moi, ça n’a donc pas été que négatif, je ne suis pas persuadée que ce soit valable pour tout le monde.

    Ce n’est pas le côté dur que je dénonce, des proches l’ont été aussi, et ma généraliste qui m’a ramassée à la petite cuillère n’a pas toujours été tendre.
    De plus, ce que dénonce Lana ce sont ceux qui sont méprisants, elle ne dit pas que toute la profession est méprisante (et de mon côté, je le confirme aussi).

    Pour ma part, j’ai heureusement eu à faire à quelques infirmiers humains, mais qui gardaient une distance, et disaient quand ça n’allait pas (et ce n’est pas ceux-là que l’on blâme).
    D’autres étaient tout simplement distants, mais pas méprisants.

    Le problème sont ceux qui nous font nous sentir comme des sous-humains, ceux qui ne comprennent pas qu’on stresse à l’idée de ne pas pouvoir appeler son patron pour dire qu’on ne pourra pas venir travailler car on est à l’hôpital.
    Et là, c’est du vécu : j’ai été hospitalisée durant mes congés, j’avais l’espoir de sortir pour reprendre le boulot.
    Comme j’allais trop mal, ça n’a pas évidemment pas été le cas.
    Quand j’ai voulu prévenir que j’allais envoyer un arrêt et donc il me fallait téléphoner du bureau infirmier, un infirmier m’a répondu d’un air agacé « non mais pourquoi cette demande maintenant, ça ne vous a pas soucié la semaine dernière ! ».
    Donc voilà, à une époque où les psy ne m’imaginaient pas avoir un travail normal, ça semblait absurde que j’ai peur de perdre celui que j’avais !

    En isolement, j’ai demandé du savon pour me laver les mains.
    La réponse a été non, une réponse bien sèche, sauf au moment de la douche, une fois par jour. Certes, je me lavais trop les mains à l’époque par phobie des maladies, mais je pense que niveau hygiène, avoir un savon au moins avant les repas pour se laver les mains n’était pas une demande de taré ! Je n’entrerais pas dans les détails, mais à la fin de l’isolement, quand ils ont enfin compris pourquoi je souhaitais du savon quelques fois par jour, ils ont quand même eu l’air gêné.
    Mais comme j’étais en sucre à ce moment-là, je n’ai pas osé insister.

    Pour les autres négligences constatées, ne me concernant pas, je me garderai bien de les écrire, mais c’était autrement plus dangereux que dans mon cas !

    Alors non, on ne dénonce pas les infirmiers psy en général, on dénonce ce type de comportements de défoulement qui sont trop fréquents.
    Quand des violences policières sont soulignés, ou bien des cas de viol par des représentants de l’ordre qui passent aux infos, condamne-t-on toute la profession, tous les humains qui la composent ? Non.

    Je regrette dans mon commentaire de n’avoir parlé que du négatif (il est cependant prouvé que l’humain retient davantage le mauvais que le bon). Je ne pense pas que la majorité des infirmiers psy soient de mauvaises personnes (pas plus que dans d’autres professions).

    Alors peut-être faudrait-il revoir la formation ou le recrutement du personnel psy, peut-être faudrait-il sortir de la culture qu’il faut punir le fou pour le sortir de son état.
    ça peut fonctionner, mais ça peut aussi pousser le malade à aller plus mal, il ne faut pas le nier.

    Malcolm, ce que vous écrivez n’est pas dénué de bon sens, loin de là. L’exemple de la braguette est excellent.
    Là où j’ai pris du recul comparé à il y a quelques années, ce sont sur les infirmiers qui m’auraient signalé « le dentifrice sur la bouche », eux ce sont les infirmiers distants, mais pro et humains.

    Les autres, ceux dont nous parlons, à vous de voir. Vous aurez compris que je suis toujours marquée par ce que j’ai vécu.
    L’institution ne les aide pas, j’en ai bien conscience.
    Vous parlez de changer les choses à notre petite échelle.
    Puisse ce genre de blog aider à changer les choses.
    Je suis persuadée qu’un infirmier psy qui lit ce blog, les écrits poignants de Lana, sera quelqu’un qui a sa petite échelle aidera à changer les choses.

  9. MalcomMitch Said:

    Oui des personne méprisantes comme tu cites il y en a partout. Donc pour moi ce ne sont pas seulement certains soignants qu’il faudrait blâmer, mais la nature humaine de certaines personnes et notre Société fulgurante, inégalitaire (travail vs capital), basée sur la productivité, et individualiste.
    Je suis toujours outré quand dans la rue, on demande à quelqu’un un petit service, un mouchoir, un coup de main, un soutien, une aide… certaines personnes (beaucoup trop à mon goût) refusent, ou se trouvent une excuse pour ne pas vous aider, bref s’en moquent. Je trouve que c’est un peu analogue avec votre histoire pour passer un coup de téléphone ou pour demander un savon, pas grand chose pourtant.

    Une fois dans le rer b, une fille qui était à côté de moi, s’est sentie mal et a commencé à défaillir, je l’ai retenue de tomber, et elle est allée s’asseoir. Personne n’a bougé, on ne l’a même pas regardé, dit quelque chose, un petit sourire, rien. Je suis sûr qu’il y avait bien au moins une personne avec un remontant sucré pour lui redonner un peu d’énergie, mais non. A l’arrivée à la station je lui ai demandé si elle souhaitait que j’appelle quelqu’un, elle m’a dit que non ça allait.
    Aujourd’hui on peut crever dans la rue, ce n’est même pas sûr que quelqu’un bouge.
    Je me souviens d’une vidéo de Lino Ventura qui avait remarqué cela déjà dans les années 70 je crois, et avec une équipe avait simulé mourir (tomber) dans la rue. Personne n’a bougé. Et il avait été touché de cette confirmation.
    C’est donc belle et bien avec cette Société capitaliste (arrivée en Europe avec les 30 glorieuses) et individualiste => voir Ayn Rand le principal élément déclencheur de cette idéologie et paradigme qu’est le capitalisme, le libéralisme à outrance, et l’individualisme salutaire comma valeur, et sans honte.

    Il faudrait revenir à de vrais valeurs, fortes, non intéressées, mettre de côté l’argent et la croissance à tout prix, pour moins d’inégalités, et plus de solidarité et de savoir vivre. De toute façon le temps nous est compté, la NASA aussi voit la fin de cette civilisation d’ici la fin du siècle si on ne change pas radicalement (en cause les inégalités actuelles et le manque de ressources à moyen terme). Pour moi le plus gros problème ce sont bien les inégalités et la dégradation de notre environnement, les conditions et biodiversité de notre Planète. Mais on ne peut le concevoir et l’appliquer dans une telle Société.

    Hlhl vous avez l’air d’avoir une bonne mentalité, si vous n’avez pas déjà remonté la pente, vous y arriverez. Même si je trouve que ce trouble est un combat de chaque instant.

  10. Hlhl Said:

    Oui, c’est le monde d’aujourd’hui.
    Mais naïvement, vu la fragilité qu’on présente quand on arrive à l’hp, je m’attendais à des soignants un minimum humains, ou du moins formés à l’être …
    Ne serait-ce que par rentabilité : vaut-il mieux un « fou » qui ne peut pas s’en sortir avec ce sytème (et accessoirement, qui coûte cher, j’ai été suffoquée pour les « soins » que j’ai reçus de voir combien j’ai coûté au système de santé !!) et mener une vie normale, ou quelqu’un d’un minimum stabilisé qui reprend un travail et redevient « rentable » dans ce beau monde libéral ?

    Après, ne pas aider quelqu’un dans la rue, eh bien à force on devient méfiant … j’ai aidé une vieille dame dans le métro, qu’un homme saoul agressait verbalement. Je lui ai juste dit que ça suffisait. Bilan, il s’est assis à côté de moi, agressif, et tout le monde a baissé les yeux pendant que je me demandais si entre deux agressions verbales je n’allais pas m’en prendre une. Quand il est descendu deux stations après, tout le monde a relevé les yeux, choqués, en se demandant ce qu’ils auraient fait si cet homme en était venu à m’en coller une. Rien je pense, ils n’auraient rien fait …
    Bilan : je n’ai pas la carrure d’aider quiconque.
    Quelqu’un qui tombe dans la rue ? Bon là quand même je peux. Mais avec méfiance : combien se font spolier par ce genre de distraction ? Je lis peut-être trop de faits divers, mais sincèrement je pense que ce n’est aussi simple.
    Revenir à de vraies valeurs serait déjà de connaître tous ses voisins …

    Bref, le monde capitaliste n’est étranger à tout cela effectivement, et ce n’est pas un hasard si le devenir des schizophrène n’est pas forcément aussi mauvais dans des pays « pas trop capitalistes » (je l’ai lu, mais je ne me souviens plus de la source, un livre dénonçant les pratiques dans les hp sans doute)

    Je suis bien contente d’avoir remonter la pente, mais je pensais sincèrement que ce serait le système hospitalier qui m’y aiderait, pas un « simple » généraliste, d’une grande humanité soit dit en passant, comme quoi c’est possible quand on soigne un cas psy.

  11. Gregoire Said:

    Courage ma belle

  12. Lana Said:

    Merci.

  13. Lily Said:

    Bonsoir Lana ! Je voulais déjà te dire bravo pour ton blog, c’est vraiment courageux et j’apprend beaucoup grâce à cela, car j’ai mon ami qui est atteint de cette pathologie et il n’ose en parler à personne, peur du jugement et des regards désobligeant en son égard. Malheureusement cela fait 2 semaines maintenant qu’il a était pris d’une crise et à force de lui avoir bombardé d’appel et de sms il se sent persécuté par moi, il pense que je veux nuire à sa vie… Il est tout le temps sur la défensive, même si ce que je lui dis et tout mignon… Actuellement j’adopte un silence radio pour lui faire comprendre que je ne suis pas son ennemie, mais j’aimerai savoir qu’elle comportement dois-je avoir, ou une manière de lui dire les choses sans qu’il ne se sente agressé ou persécuté ?
    Je te remercie en tout cas pour ton aide, qui me serait très précieuse et te souhaite pleins de choses pour la suite.

  14. Lana Said:

    Bonjour Lily,
    c’est difficile de savoir comment réagir dans ces cas-là. Je crois que tu fais bien de lui laisser de l’espace s’il se sent persécuté. J’ai vécu un peu la même chose avec un ami qui était schizophrène aussi, je lui ai dit que je serais toujours là pour lui tout en le laissant tranquille, et lui ai laissé la possibilité de me recontacter.
    Bon courage en tout cas, je sais que c’est difficile à vivre.


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